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Genres · jeudi 6 août · 6 min de lecture

À deux sur le même écran

Un canapé, une seule télévision, deux manettes. Tous les jeux qui annoncent « multijoueur » ne tiennent pas cette promesse-là. Voici ceux du rayon qui la tiennent vraiment.

Manette en main devant un écran allumé
Manette en main devant un écran allumé

C’est la demande qui revient le plus souvent, et de loin : « quelque chose à jouer à deux, ce soir, sur la même télévision ». Elle a l’air simple. Elle ne l’est pas, parce que la mention portée sur les boîtiers recouvre trois situations très différentes, et qu’une seule correspond à ce que vous avez en tête.

Ce que « deux joueurs » veut dire sur une boîte

Il y a d’abord le jeu à deux sur le même écran, sans partage : les deux personnages se déplacent dans la même image et doivent rester ensemble. C’est la formule la plus conviviale, parce qu’on voit ce que fait l’autre et qu’on peut lui expliquer sans lever les yeux. C’est aussi celle qui provoque le plus de disputes, pour la même raison.

Il y a ensuite l’écran partagé, où l’image se coupe en deux : chacun avance de son côté, personne n’attend l’autre. Enfin, il y a le multijoueur qui passe par un réseau, et là, la deuxième manette ne sert à rien du tout. Cette dernière catégorie occupe l’essentiel des mentions imprimées au dos des boîtiers récents, ce qui explique bien des déceptions.

La règle la plus fiable avant de commander : cherchez à quelle époque le jeu est sorti et sur quelle machine. Les titres des générations précédentes ont été conçus pour un salon avec une seule télévision. Plus on avance dans le temps, plus le « à deux » s’éloigne du canapé.

Le rayon le plus sûr reste celui du duel. Street Fighter V, à 15,76 €, tient toujours sa promesse trente secondes après l’allumage : deux personnages, une jauge de rupture qui ouvre la garde adverse, et un entraînement intégré qui détaille les enchaînements image par image pour celui des deux qui veut progresser. DEAD OR ALIVE 6, à 22,16 €, se joue à la lecture du type d’attaque plutôt qu’à la vitesse des doigts, ce qui rend les parties entre débutants beaucoup moins frustrantes ; les décors y participent, avec des chutes qui changent d’étage en plein combat.

Mains sur une manette de jeu, pouces sur les sticks
Le meilleur signe qu’un jeu à deux fonctionne : personne ne regarde sa manette.

Deux autres duels méritent le détour pour qui veut sortir des sentiers battus. Under Night In-Birth Exe:Late, 12,86 €, est bâti autour d’une jauge unique qui sert à la fois à attaquer et à se défendre : la dépenser en garde vous prive de vos ouvertures, et tout le jeu tient dans cet arbitrage. FIGHTING EX LAYER, à 9,11 €, définit vos capacités avant le match par un jeu de cartes, si bien que deux joueurs de niveaux très différents peuvent s’équilibrer en changeant simplement de composition.

Pour jouer ensemble plutôt que l’un contre l’autre, Never Alone à 9,72 € est notre premier conseil depuis des années. C’est une aventure de plateforme tirée d’un conte inupiat, traversée par une jeune fille et un renard blanc ; chacun atteint ce que l’autre ne peut pas, et la coopération n’est pas un bonus mais la mécanique elle-même. Des séquences documentaires filmées se débloquent au fil de la progression et racontent la culture d’origine, ce qui en fait un très bon choix avec un enfant.

Dans la même veine coopérative, les adaptations en briques sont d’une efficacité redoutable pour faire jouer quelqu’un qui n’a pas l’habitude. LEGO Star Wars III - The Clone Wars à 11,34 € alterne duels au sabre, pilotage et batailles où l’on commande des troupes ; LEGO The Hobbit à 13,31 € fait passer d’un membre à l’autre d’une compagnie de treize nains, chacun ayant un savoir-faire qui débloque un obstacle. Dans les deux cas, on entre et on sort de la partie sans interrompre l’autre joueur, ce qui compte plus qu’on ne le croit un soir de semaine.

Un cran au-dessus en exigence, Vagante à 14,60 € se joue à plusieurs sur le même écran, avec des niveaux régénérés à chaque partie et une mort définitive. Attention toutefois : les coups portent sur tout le monde, y compris sur votre coéquipier. C’est une source d’accidents, et souvent de fous rires, mais ce n’est pas le titre à choisir pour une première soirée à deux.

Quand personne n’a envie d’apprendre

Certaines soirées ne se prêtent pas à un apprentissage. Pour celles-là, Wii Sports à 11,58 € reste imbattable : cinq disciplines dans une seule boîte — tennis, base-ball, golf, bowling, boxe — et une manette tenue comme une raquette ou comme un club. Personne n’a jamais eu besoin qu’on lui explique. C’est aussi le titre qui fait le mieux jouer trois générations dans la même pièce.

Sur une machine plus récente, 51 Worldwide Classics à 20,61 € réunit cinquante et un jeux de société, de cartes et de salon dans une seule cartouche, des échecs au bowling en passant par le mahjong. Chaque règle est expliquée par une courte vidéo avant la première partie, et presque tout se joue à deux sur la même machine. C’est le boîtier que nous conseillons quand la question est « quelque chose qui plaira à tout le monde ».

Enfin, si le sport vous tente, NCAA Football 14 à 9,84 € offre des saisons entières pour moins de dix euros. Le mode carrière suit un entraîneur sur plusieurs années, mais l’essentiel se joue à deux, une manette chacun, avec des règles qu’on explique en trois phrases à quelqu’un qui n’y connaît rien.

Manette de jeu sans fil éclairée sur un plan de travail
La deuxième manette décide de tout : sans elle, la plus belle sélection reste théorique.

Il reste le point qui bloque la moitié des soirées : la deuxième manette. Une console d’occasion arrive presque toujours avec une seule, et le rayon voisin existe précisément pour cela. Un Nintendo Switch Pro Controller à 45,76 € règle la question sur une machine hybride ; sur les jeux de duel, un Arcade Fight Stick à 69,75 € — levier à microcontacts, huit boutons en éventail, châssis assez lourd pour ne pas glisser sur les genoux — change franchement la sensation, à condition d’en prévoir deux si les deux joueurs y prennent goût.

Un dernier conseil, qui vaut pour tout ce qui précède : choisissez le jeu en fonction de la personne qui joue le moins, pas de celle qui joue le plus. Une partie serrée entre deux niveaux voisins vaut mieux qu’une démonstration, et c’est le seul critère qui fait qu’on ressort la boîte le week-end suivant.

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